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Albert-Paul Granier est l'auteur d'un unique recueil de poésie tiré à compte d'auteur en 1917 : Les coqs et les vautours, un titre qui aurait pu figurer dans Les fables de La Fontaine, mais qui s'inscrit dans la dure réalité de la grande guerre.Cette année, dans un grenier, l'écrivain à succès et journaliste Claude Duneton, a retrouvé ce recueil.En le lisant, ce fut un choc, l'enthousiasme. Il n'hésite pas à comparer la poésie de Granier à celle d'Apollinaire, autre poète de 14-18.On y trouve aussi la simplicité et l'obsession de la modernité d'un Verhaeren et la mélancolie d'un Verlaine.Granier parle de la haine du feu, de la folie de l'exode, des canons qu'il compare à une ménagerie d'acier, de la danse de la mort :« La mort, soûle et joyeuse, danse, et gambille et se déhanche, la mort muette se trémousse,et joue et jongle avec des crânes, comme avec des osselets.La mort est contente et très soûle,car là-bas, le sang rouge coule, en ruisseaux lourds, dans les ravins. »Pas de lyrisme cocardier ou guerreir dans ces textes mais un dénuement particulièrement bouleversant et qui retranscritle quotidien sublimé des Poilus.